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DES PECTORAUX RICHEMENT MÉRITES
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DES PECTORAUX RICHEMENT MÉRITÉS
PAR BILL DOBBINS
EN MATIÉRE D’ENTRAÎNEMENT DES PECTORAUX, RICH GASPARI, VÉTÉRAN
DU BODYBUILDING, S’EN TIENT Á UNE APPROCHE SIMPLE ET EFFICACE
Avant de devenir juge international IFBB, Rich Gaspari a été un
des meilleurs compétiteurs du monde. Au cours des années 80, seul
Lee Haney a réussi à surclasser plusieurs fois à Olympia
ce vainqueur de M. Univers. C’est à cette époque que l’entraînement
de bodybuilding a commencé à être beaucoup plus scientifique
qu’au cours des années 70. Néanmoins, d’après
Richie, beaucoup de champions en herbe se sont mis à attacher une importance
excessive à la complexité technique au lieu de s’en tenir
aux fondamentaux et de s’entraîner avec 100% d’intensité.
Résultat, trop de bodybuilders n’ont jamais été jusqu’au
bout de leurs limites génétiques. Ici, il explique ce qu’ils
auraient dû faire afin que les lecteurs de M&F puissent tirer un enseignement
de leurs erreurs.
COMMENT PROCÉDER
“Je suis le premier à reconnaître qu’il y a une bonne
façon
et une mauvaise façon de s’entraîner,” déclare
Gaspari. “Quand je vais dans une salle de musculation, j’ai horreur
de voir de jeunes bodybuilders qui font tout de travers, balançant les
charges, essayant de travailler trop lourd, trichant dans l’exécution,
procédant sans contrôle ni sensation. Dans mes stages, j’insiste
toujours sur le fait qu’il faut s’entraîner non seulement dur,
mais intelligemment si l’on veut réaliser ses objectifs.
“Je suis vraiment stupéfait par certaines des questions que l’on
me pose.
Il y a tant de jeunes pratiquants qui croient que pour obtenir un physique génial,
il faut apprendre des tas d’astuces et de techniques d’entraînement
complexes, faire des douzaines d’exercices différents pour chaque
groupe musculaire et utiliser toutes sortes d’équipements ultra
perfectionnés. Donc, au fil des années où l’on m’a
vu m’entraîner en réalisant essentiellement un travail de
base largement axé sur l’utilisation de charges libres et sans rien
faire de compliqué, on m’a souvent demandé: ‘C’est
tout ce que tu fais, Richie?’ et je réponds: ‘Oui, c’est
tout ce qu’il suffit de faire, à condition de bien savoir ce que
l’on fait.’”
Prenez l’entraînement des pectoraux, par exemple. La première
chose que visent la plupart des jeunes quand ils débutent en bodybuilding,
c’est d’arriver progressivement à du développé couché lourd.
La force au développé couché est quelque chose que l’on
respecte dans toutes les salles de musculation du monde et Rich se souvient d’avoir
connu cela quand il était jeune.
“J’étais très fier de ce que je pouvais prendre au
couché,” reconnaît-il. “Quand
j’avais 19 ans, je développais près de 230 kg à plat
et cela m’a valu beaucoup de respect à la salle. En plus, comme
les exercices de puissance lourds tels que le développé couché,
le soulevé de terre et le squat contribuent au développement d’une
musculature bien forte, je pense qu’il n’est pas inutile que les
jeunes bodybuilders fassent au moins un peu d’entraînement lourd
de ce type. Par contre, ce travail de force ne produit pas le genre de physique
qui permet de remporter des concours de bodybuilding. Les powerlifters s’entraînent
pour gagner des compétitions de powerlifting, pas pour remporter des titres
de bodybuilding. Ainsi, si on ne fait que du couché lourd pour la poitrine,
on finira probablement par se retrouver avec des pectoraux qui ont l’air
de tomber parce qu’ils seront surdéveloppés en bas et sous-développés
en haut. Les bodybuilders doivent sculpter leurs muscles, et pas se contenter
de les rendre plus gros et plus durs.”
Rich souligne que la pratique exclusive du développé couché limite également
le développement de la poitrine à d’autres égards.
Quand on réalise cet exercice, les pectoraux ne sont mobilisés
que selon une certaine amplitude de mouvement. On ne peut pas les étirer
au-delà d’un certain stade puisque la barre est arrêtée
par la cage thoracique dans la position basse; il n’est pas non plus possible
de les contracter à fond en fin d’extension parce que les mains
sont sur la barre et ne peuvent pas être rapprochées.
“Le développé couché sollicite les pectoraux,” précise
Richie, “mais il mobilise aussi les deltoïdes antérieurs et
les triceps. Quand on fait du couché avec une barre, il n’est pas
vraiment possible d’isoler les pectoraux. Vu que l’amplitude de mouvement
reste limitée, on ne peut pas muscler totalement les parties supérieures,
inférieures, internes et externes des pectoraux qui ne seront donc pas
façonnés de manière complète.” Par ailleurs,
il souligne que les traumatismes aux épaules et aux coudes causés
par le développé couché lourd sont parmi les plus courants
en bodybuilding. Il est quasiment impossible de faire du développé couché lourd,
année après année, sans finir par se blesser, d’une
manière ou d’une autre.
PLACE AUX HALTÉRES
Que préconise donc Gaspari au lieu d’une pratique excessive du développé couché?
Un appareil high-tech, isocinétique, assisté par ordinateur? Pas
du tout. Des haltères, tout simplement, c’est-à-dire le “premier
appareil à musculation!”
“Les haltères offrent de nombreux avantages,” explique-t-il. “Tout
d’abord, étant donné que chaque partie du corps travaille
indépendamment, cela oblige le pectoral le plus faible à travailler
au maximum sans être aidé par le côté le plus fort.
D’autre part, ils confèrent une plus grande amplitude de mouvement.
On peut les descendre plus bas — donc étirer les muscles davantage — et également
les ramener l’un contre l’autre en haut pour les contracter au maximum.”
Selon Rich, bien que les haltères constituent un outil “simple,” les
techniques requises pour rentabiliser leur efficacité sont un peu plus
compliquées. Si vous voulez tirer le meilleur parti de l’entraînement
avec haltères, voici ce qu’il recommande:
>>
Effectuez le développé couché avec haltères ainsi
que les écartés sur banc plat et sur banc incliné.
>>
Faites des exercices en décliné si vous jugez que la portion inférieure
de votre poitrine a besoin d’être davantage sollicitée.
>>
Maintenez un bon écartement des mains, comme vous le feriez sur une barre,
de manière à ce que l’effet reste localisé sur les
pectoraux et non pas sur les triceps.
>>
Efforcez-vous d’avoir une longue amplitude de mouvement, mais arrêtez
la descente des haltères quand les pectoraux sont étirés
au maximum. Si l’on abaisse trop les épaules, on risque d’étirer
exagérément les muscles, tendons et ligaments impliqués
et de provoquer une blessure.
LE BON ANGLE
Rich estime que les pectoraux sont un groupe musculaire qu’il importe particulièrement
d’exercer sous des angles différents: dans le cas présent, à plat,
en incliné et en décliné. “Les pectoraux sont des
muscles spéciaux,” souligne-t-il “en ce sens qu’ils
ont un seul point d’origine et plusieurs points d’insertion répartis
en une sorte de demi-cercle au centre de la cage thoracique. La façon
la plus efficace d’exercer un muscle, quel qu’il soit, est en ligne
droite depuis son origine jusqu’à son insertion. Étant donné que
les pectoraux ont des points d’insertion multiples, il convient de les
travailler sous des angles différents si l’on veut que leur développement
soit complet.”
Il conseille donc de s’en tenir, grosso modo, aux fondamentaux de l’entraînement
de bodybuilding. Cela dit, il a remarqué que trop de bodybuilders ont
tendance à se cantonner à des séances très souvent
identiques, y compris dans la séquence des exercices. Outre le fait que
cela conduit généralement à un travail monotone et manquant
d’intensité, certains muscles sur lesquels on doit se concentrer
plus tard au cours de la séance sont déjà préfatigués
quand vient le moment de les travailler.
“Si l’on démarre une séance par du développé couché et/ou
des écartés à plat,” conseille Richie, “il faut
essayer d’entamer la séance suivante de pectoraux par des exercices
sur plan incliné. De cette façon, on mobilise les deux zones de
la poitrine et le développement reste équilibré.”
Quant à la portion inférieure, l’exercice préféré de
Gaspari est, naturellement, le développé décliné bien
qu’il sache que certains culturistes préfèrent les dips (répulsions
aux barres parallèles) pour travailler cette partie. “En fait,” déclare
Rich, “je n’ai jamais eu beaucoup à faire pour le bas des
pectoraux. Vu mes proportions, le développé couché sur banc
plat convient généralement pour faire grossir cette zone de façon
suffisante. Mais tous les bodybuilders n’ont pas la même morphologie:
donc, si vous avez besoin d’étoffer la partie basse des pectoraux,
essayez le développé décliné ou les dips pour la
cibler de façon aussi intense que possible.”
LES VERTUS DU CHANGEMENT
Gaspari recommande d’autres façons de varier, même pour les
bodybuilders qui tiennent à réaliser des entraînements basiques
et simples. Par exemple, quand il avait envie de travailler lourd, il commençait
par du développé couché avec la barre libre ou guidée,
ou avec des haltères. Cependant, il lui arrivait aussi de démarrer
par des écartés pour préfatiguer les pectoraux avant de
passer à des développés lourds.
Rich n’a jamais été un mordu des appareils de musculation,
mais il aimait bien faire du développé couché à la
Smith machine — en particulier à un stade avancé de sa carrière — parce
que cela lui permettait d’avoir une plus grande amplitude de mouvement
et une technique plus stricte qu’avec une barre libre. Il aimait bien aussi
utiliser le pec deck pour activer plus intensément la partie interne des
pectoraux. Parfois, il travaillait aux poulies vis-à-vis pour aligner
rep après rep à la fin de sa séance en vue d’engorger
fortement ses pectoraux épuisés et d’obtenir une congestion
maximale.
“Schématiquement, les pectoraux ne font qu’une seule chose,” conclut
Rich. “Ils ramènent la ceinture scapulaire vers l’avant et
vers le centre du buste. On peut faire du développé couché (qui
met en œuvre d’autres muscles) ou des écartés (qui sont
un exercice d’isolation). Ces mouvements peuvent être réalisés
sous trois angles différents: à plat, en incliné et en décliné.
Mais ça ne va pas plus loin. Ce sont là les éléments
de base: franchement, il n’y a pas grand-chose d’autre à savoir
sur l’entraînement des pectoraux.
“La vraie réponse à la question: ‘C’est tout
ce que
tu fais?’ est: ‘Bien sûr, car c’est tout ce qu’il
y a à faire.’ Pourquoi chercher à compliquer? L’entraînement
de bodybuilding à haute intensité est éprouvant sur le plan
physique et psychologique, mais il est loin d’être aussi compliqué que
beaucoup de pratiquants le prétendent. Tout se résume à l’apprentissage
d’un travail de base effectué correctement.” M&F
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