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Que se passe-t-il lorsque...
VOUS AVEZ UN RAPPORT SEXUEL AVANT VOTRE SÉANCE?
PAR SHAWN PERINE
ET AUTRES CONSIDÉRATIONS SUR L’ENTRAÎNEMENT ET LA NUTRITION
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Le monde du bien-être et du fitness regorge d’histoires de bonne
femme et de traditions prises pour argent comptant, sans la moindre réflexion. De
simples opinions passent pour des vérités et des idées
fausses pour des faits avérés. Il circule davantage de on-dit dans
les salles de remise en forme qu’à Rungis. Et cela dure depuis longtemps… jusqu’à aujourd’hui.
Nous avons rassemblé des experts dignes de confiance dans le domaine de
la science de l’exercice et de la nutrition pour nous aider à répondre à 17
questions qui ont de tout temps prêté à spéculation,
légendes et bouche à l’oreille. Donc, dorénavant,
vous n’écouterez plus les conseils de la sœur de la co-locataire
de l’ami de votre partenaire d’entraînement et pourrez vous-même être
le conseiller. Mais attention: vous vous sentirez bien seul au milieu de ces
oiseaux de mauvais augure, déchus de leur pouvoir. Que se passe-t-il donc
vraiment quand…
1) ON SOULÈVE DES CHARGES LOURDES SANS CEINTURE?
Le gourou de la nutrition et de l’exercice, Chris Aceto, pense qu’on
peut voir les choses de deux manières différentes. “Si l’on
soulève des charges lourdes sans ceinture, on peut se blesser: la ceinture
soutient les abdominaux et les lombaires qui stabilisent les muscles du tronc,” explique-t-il. “Le
paradoxe, c’est que si l’on commence à s’entraîner
avec une ceinture, on ne renforce pas ces muscles stabilisateurs et le risque
de blessure se met à augmenter lorsque les autres groupes musculaires
prennent de la puissance.” En d’autres termes, on réservera
la ceinture aux séries lourdes afin d’éviter une blessure,
mais elle ne remplacera pas les muscles de soutien.
2) ON CONSOMME TROP OU TROP PEU DE PROTÉINES?
Chacun sait que les protéines bâtissent et préservent la
masse musculaire (du moins les lecteurs de M&F le savent-ils). Chacun fait
donc en sorte de consommer la bonne quantité de protéines afin
d’atteindre ses objectifs de fitness. Mais que se passe-t-il les jours
où on ne peut pas respecter son programme nutritionnel?
Comme l’explique Aceto: “L’excès de protéines
dû à une surconsommation est envoyé dans le foie, transformé en
sucre et utilisé comme carburant ou stocké sous forme de glycogène
ou de graisse corporelle. Nombreux sont ceux qui ignorent que les protéines
peuvent créer des réserves de gras. À l’inverse, une
insuffisance de protéines crée un bilan azoté négatif:
il y a donc trop peu d’acides aminés pour provoquer la croissance
musculaire.” Voilà plus d’une bonne raison pour tenir quotidiennement
un carnet alimentaire. Il faudrait absorber tous les jours 2 à 3 g de
protéines par kg de poids de corps.
3) ON DORT MOINS DE HUIT HEURES?
Le manque de sommeil est actuellement une véritable épidémie.
Nécessaire à l’équilibre de l’être humain,
le triangle parfait “huit heures de repos, huit heures de travail et huit
heures de loisirs” ressemble maintenant à un triangle isocèle
dont le sommeil représente le plus petit segment. Quelles sont les conséquences
pour le pratiquant acharné que vous êtes?
“Les besoins de sommeil varient selon les individus,” note le rédacteur
scientifique de M&F, Jim Stoppani. “Mais la recherche a prouvé que
la plupart des gens ont besoin de sept à neuf heures de repos. Le minimum
devrait être de sept heures, faute de quoi le taux d’hormones risque
de se dérégler comme, par exemple, celui de l’hormone de
croissance dont la sécrétion est maximale en milieu de nuit. Des études
ont également montré que les individus qui dorment régulièrement
moins de sept heures ont davantage tendance à stocker de la graisse.”
4) ON NE FAIT PAS RÉGULIÈREMENT DES ÉTIREMENTS?
Entre le boulot, la petite amie, les dimanches après-midi avec les gosses
et cet engouement incontrôlé pour Internet, il vous reste peut-être à peine
une heure par jour, quatre jours par semaine, pour aller à la salle… et
vous n’avez pas l’intention d’en perdre une seule minute en étirements.
Quelle catastrophe pourrait donc en résulter?
“La souplesse et l’amplitude de tous les muscles vont diminuer,” précise
Chris Aceto. “C’est pourquoi on ne pourra plus surcharger le muscle
sur toute son amplitude et on perdra en potentiel de développement.” Le
meilleur moment pour faire des étirements se situe après la séance,
afin d’augmenter au maximum la souplesse et l’amplitude de mouvement.
Il est toujours mauvais d’étirer un muscle froid à cause
du risque d’élongation ou de déchirure.
5) ON MANGE APRÈS 21 HEURES?
Les “experts en nutrition” recommandent souvent de ne rien manger
après 21 heures. Mais que se passe-t-il dans le cas contraire?
“Si l’on cherche à prendre de la masse, on consommera des
protéines à assimilation
lente — comme de la viande ou de la caséine une heure avant de se
coucher — afin de fournir des acides aminés pendant toute la nuit,” recommande
Stoppani. “Sinon, une fonte musculaire se produit au cours du sommeil.
Pour les glucides, les avis divergent. Beaucoup de bodybuilders obtiennent de
bons résultats en cessant de consommer des hydrates de carbone quatre
heures avant d’aller se coucher. D’au-tres prétendent que
c’est sans importance car les glucides ne font prendre du poids que si
l’on consomme trop de calories au cours de la journée.”
À
retenir: une heure environ avant de dormir, essayez de prendre un repas riche
en protéines (environ 30 g) contenant des glucides complexes en quantité faible
ou modérée. Vos muscles vous remercieront le lendemain matin.
6) ON FAIT SA SÉANCE MÊME SI L’ON EST MALADE?
“Des études prouvent que l’exercice provoque en général
une chute importante des défenses immunitaires,” déclare
William J. Kraemer, directeur de recherche et professeur à l’institut
de biomécanique de l’université du Connecticut. “Mais,
en cas d’infection des voies respiratoires supérieures [les rhumes],
par exemple, les dégâts seront limités et l’exercice,
s’il n’est pas trop intense, pourrait même être bénéfique.”
Et en cas de fièvre? “En cas de symptômes grippaux, il ne
faut pas prendre le risque de s’exposer à des complications,” prévient
Kraemer. En outre, il n’est guère poli d’éternuer sur
un partenaire d’entraînement en train de faire du développé couché!
7) ON ENTRAÎNE LE MÊME GROUPE MUSCULAIRE DEUX JOURS DE SUITE?
L’idée même est taboue dans les clubs de gym; on croit en
général que c’est la porte ouverte au surentraînement.
“À
notre demande, des gens se sont entraînés deux jours consécutifs
avec succès,” fait remarquer Kraemer. “Le secret réside
dans la période de récupération nécessaire pour compenser
l’intensité de l’entraînement. Concrètement,
on ne pratiquera aucune autre activité entre les séances — on
se contentera de rentrer chez soi, de manger et de se relaxer. Il est également
très important de varier la charge et l’angle d’exécution
des exercices. Si l’on exerce les pectoraux deux jours de suite, on fera
du développé couché la première fois et du développé incliné le
lendemain, ou le contraire.”
Cependant, ceci ne devrait pas constituer la base d’un programme de musculation
de longue durée; on peut l’ajouter à son programme sur une
courte période afin de surprendre les muscles et permettre un redémarrage
de leur croissance. De façon générale, n’oubliez pas
de consommer suffisamment de glucides, de protéines et de calories.
8) ON A UN RAPPORT SEXUEL AVANT L’ENTRAÎNEMENT?
“Les femmes, ça coupe les pattes!” Bien des femmes ou petites
amies
de sportifs se sont retrouvées seules après que l’entraîneur
de boxe bourru, Mickey Goldmill, ait donné cet infâme avertissement à Rocky
Balboa qui se battait alors pour obtenir son titre. Mickey parlait-il en connaissance
de cause ou avait-il perdu quelques cases au cours de sa carrière de boxeur?
“Tout dépend de la partenaire,” plaisante Chris Aceto. Plus
sérieusement,
il ajoute: “L’idée que le sexe vous vide de votre énergie,
c’est des histoires de bonne femme. Je pense que c’est plutôt
positif: cela permet au mental de se relaxer et la production de substances chimiques
aide à la détente. Quand on est détendu, on fait une meilleure
séance.” On évitera simplement d’en faire un marathon.
9) ON VA À LA SALLE EN PLEINE DIGESTION?
Vous vous souvenez de votre mère qui vous disait toujours d’attendre
une heure après manger avant d’aller à la piscine ?
Certains pensent qu’on doit appliquer la même règle à l’entraînement
en résistance. Mais que se passe-t-il vraiment lorsque l’on soulève
la fonte en pleine digestion?
“La plupart des pratiquants ne ressentiront rien,” remarque Stoppani. “D’autres
devront avancer leur repas, car ils ont un estomac plus délicat; au cours
de l’entraînement, les muscles reçoivent davantage d’afflux
sanguin que le système digestif, ce qui ralentit la digestion et l’absorption
des nutriments. Néanmoins, la réaction varie selon les individus.” Quelles
que soient les habitudes alimentaires avant l’entraînement, il faut
consommer des protéines et des glucides dans l’heure qui suit la
séance.
10) ON SE RELÂCHE ET ON RATE UN ENTRAÎNEMENT?
Entre le boulot, la petite amie et le reste, plus de place dans cet emploi du
temps surbooké pour une séance de pectoraux/dos. Pire encore: cette
semaine, vous n’avez accordé d’attention à aucun groupe
musculaire. Est-il temps de s’en repentir?
“Une séance ratée, c’est une occasion de se reposer,” assure
Kraemer. “Cela peut donc avoir un effet positif car s’entraîner
devient une obsession pour des tas de gens. Il faut savoir qu’on ne perd
pas ses muscles si vite que ça.” Combien de temps faut-il donc pour
qu’il y ait atrophie musculaire? “Chez les athlètes de haut
niveau, il faut environ deux semaines,” explique-t-il. “Chez les
amateurs, cela peut atteindre six semaines. Par ailleurs, nous avons constaté que
plus un athlète s’est entraîné sur une longue période,
plus la phase de récupération devrait être longue.
11) ON EST TROP OCCUPÉ ET ON SAUTE UN REPAS?
On y passe tous, un jour ou l’autre. On est en retard ou à cours
de substituts de repas. Est-ce un problème majeur?
“Ce n’est pas parce qu’on saute un repas de temps en temps
qu’on
va se retrouver brutalement en état catabolique,” souligne Aceto. “Le
corps dispose de stocks d’acides aminés, précisément
en prévision de ce genre de situation. Il a aussi des réserves
de glycogène. Malgré tout, il ne faut pas que cela devienne une
habitude lorsqu’on cherche à prendre de la masse.”
12) ON BOIT UN VERRE D’ŒUFS CRUS?
On doit à Rocky ce mythe qui court dans le monde du sport. Qui ne revoit
pas cette scène où “l’étalon italien” avale
un plein verre d’œufs crus, geste d’abnégation extrême
vis-à-vis de son sport? Et qui n’a pas essayé, au moins une
fois, d’imiter cet exploit en avalant ce breuvage écœurant?
Mais pour gagner quoi: plus de puissance, d’énergie et de résistance,
ou une intoxication alimentaire ?
C’est rare, mais on peut effectivement être contaminé par
des bactéries. “Il faut faire attention aux aliments crus: ils peuvent
contenir des agents pathogènes véhiculés par la nourriture,”explique
Kraemer. En fait, les œufs cuits sont plus digestes et plus nutritifs. Désolé Rock,
Mickey aurait dû te prévenir.
13) ON NE CONSOMME PAS DE WHEY PROTÉINE NI DE GLUCIDES SIMPLES APRÈS
LA SÉANCE?
Dans M&F, nous insistons fréquemment sur l’importance de la
ration de récupération (post-entraînement), composée
de protéines à absorption rapide et de glucides simples. Pourquoi
est-elle si capitale et que se passe-t-il si on néglige de la prendre?
“Nous avons découvert, et d’autres labos aussi, que la synthèse
protéique connaît un pic dans les 30 à 60 minutes qui suivent
un entraînement,” déclare Kraemer. Le credo “Le plus
tôt sera le mieux”est donc parfaitement approprié, ajoute-t-il. “On
doit s’efforcer de prendre ce repas post-exercice dans les 10 minutes qui
suivent. Or, ce n’est pas toujours réalisable si peu de temps après
la séance: dans ce cas, une demi-heure, voire une heure après sera
parfait.”
Si vous ne disposez ni de whey ni de caséine après votre entraînement,
n’importe quelle source de protéines conviendra. Elles seront peut-être
moins digestes, mais comme disent les marins: “ Tous les abris se valent
en cas de tempête.”
14) ON VA AU SAUNA DANS L’ESPOIR DE VOIR SES KILOS “PARTIR EN FUMÉE”?
L’image d’un amoureux de la santé, les reins ceints d’une
serviette et en train de transpirer dans un sauna, évoque immanquablement
l’idée d’une perte de poids. Mais que se passe-t-il en réalité?
Cela fait-il intervenir quelque processus occulte du métabolisme, qui,
par la transpiration, vous fera enfin maigrir?
“Non, on ne perd que de l’eau, à cause de la transpiration
nécessaire
au refroidissement du corps,” rapporte Stoppani. “Pas de sauna avant
l’entraînement: la plus grande partie de l’eau provient du
sang, ce qui risque de compromettre l’afflux sanguin et la congestion musculaire.
Cependant, une étude récente a clairement démontré que
transpirer pouvait être bon pour la santé.”
15) ON RESTE UN MOIS… OU UN AN… SANS ALLER À LA SALLE?
Beaucoup de pratiquants très consciencieux (autrement dit, obsessionnels)
sont incapables d’envisager de sauter une séance, et encore moins
un mois d’entraînement, voire une année entière. Quel
désastre pourrait se produire, mis à part les effets secondaires
dus au sevrage de l’ambiance du club?
“Au bout d’un mois, on aura sans nul doute perdu un peu de masse
et de puissance,
mais pas autant qu’on pourrait le croire,” remarque Stoppani. “Une étude
récente prouve qu’après un arrêt de six semaines, les
pratiquants perdaient peu de muscle et de force et prenaient très peu
de graisse.” Et si l’on s’arrête définitivement:
les muscles se transforment-ils en graisse? “Croire que les cellules musculaires
se transforment en graisse est un mythe qui vient de ce que des gens qui ont
arrêté le bodybuilding continuent de manger comme s’ils pratiquaient
encore — comme si leur métabolisme avait toujours les mêmes
besoins que celui de quelqu’un qui a une musculature importante,” remarque
Stoppani. “Néanmoins, une réduction de la masse musculaire
va de pair avec un métabolisme plus lent, et on brûle moins de calories
si l’on s’entraîne de façon moins intense. C’est
alors que la graisse commence à s’accumuler.”
16) ON S’ENTRAÎNE À JEUN?
Encore une fois, la vie passe avant l’entraînement et on ne peut
pas toujours prendre un repas avant la séance. Comment le corps affamé va-t-il
réagir? “En ce qui concerne la fatigue, tout dépend du nombre
total de reps et de séries,” explique Stoppani. “Plus les
séries sont longues, plus on dépend du glycogène musculaire
pour les finir. Si l’on n’a pas absorbé de glucides, on se
fatiguera plus vite.”
Il poursuit: “En ce qui concerne les réactions hormonales, s’entraîner
sans avoir auparavant consommé de glucides entraînera une plus forte élévation
du taux de cortisol pendant et après l’effort. Cette hormone inhibe
l’effet anabolisant de la testostérone et entraîne une fonte
musculaire.
“Ne pas consommer de protéines avant l’entraînement
est doublement
néfaste car un taux de cortisol encore plus élevé amplifie
la perte de muscle. Manger des protéines permet de contrecarrer en partie
cette dégradation et ne rien manger avant un entraînement est donc
nuisible à l’hypertrophie.”
En d’autres termes, prenez une barre protéinée ou une boisson;
en tout cas, ne commencez pas une séance si votre estomac crie famine.
17) ON S’ENTRAÎNE AVEC DES COURBATURES?
Dire qu’il ne faut pas recommencer à s’entraîner tant
que les courbatures de la séance précédente n’ont
pas disparu est encore un mythe. “Une étude récente prouve
que si l’on exerce un muscle encore douloureux, les fibres musculaires
ne subissent pas de nouvelles lésions,” déclare Stoppani. “Une étude
a démontré que quand la séance suivante avait lieu seulement
deux jours après et que les courbatures n’avaient pas disparu, les
sujets présentaient un taux de cortisol inférieur à la normale.
Un taux faible de cortisol signifie une présence plus importante de testostérone,
et il peut donc être bénéfique d’entraîner de
temps en temps le même groupe musculaire deux jours consécutifs — mais
pas trop souvent.”
Maintenant, retournez à la salle et cessez de poser toutes ces questions!
M&F
Shawn Perine est journaliste et graphiste. Résidant à New York,
il s’occupe du site de bodybuilding www.ironage.us.
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