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100 TANT QU'IL Y AURA DES REPS
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100 TANT QU’IL Y AURA DES REPS
PAR MICHAEL BERG
S’entraîner à coups de 100 reps transforme des séries
simples en marathons, mais cela favorise une hypertrophie tout aussi épique.
Vous avez des questions?
Aujourd’hui, rien n’est trop haut, trop rapide ou trop dangereux
pour les sportifs de l’extrême. Vous avez peut-être assisté à leurs
incroyables exploits à la télévision: ils surfent sur des
vagues dignes d’un tsunami, ils font du snowboard sur les sommets les plus
rocheux et les plus escarpés du monde ou ils disputent un ultramarathon
dans la chaleur suffocante de la Death Valley de Californie. Il est vrai qu’on
ne voit rien de comparable dans les salles de musculation, et pourtant…
Même si vous avez mis trois disques de chaque côté de la barre
pour tenter votre premier développé couché à 136
kg ou réalisé des squats lourds, les fesses au ras du sol, à la
limite de la nausée, ces expériences n’étaient qu’un
simple échauffement en prévision de ce qui vous attend ici. En
fait, la technique que nous allons vous présenter est tellement extrême
qu’elle s’inscrit probablement au-delà des limites de ce que
vous avez jamais essayé entre les quatre murs d’une salle de musculation.
Mise au point, à l’origine, par quelqu’un qui avait un penchant évident
pour la douleur et la torture, l’entraînement en séries de
100 reps est resté tapi aux confins du monde de la fonte, bien loin de
la pratique générale et ce, à juste titre. Tout d’abord,
rares sont ceux qui peuvent survivre longtemps à cette méthode
avant de se replier dans la sécurité et le confort relatif de leurs
programmes de 3 à 5 séries de 8 à 12 reps de chaque exercice.
Deuxièmement, comme peu de braves se sont risqués à s’aventurer
dans ce vaste territoire, la science n’a encore ni confirmé, ni
infirmé la valeur de ce système.
Il ne vous reste plus qu’à faire confiance à la poignée
d’experts qui croient en l’efficacité de cette méthode
et aux fidèles pratiquants qui ont expérimenté les séries
de cent et survécu pour nous raconter leur histoire. Ils vous diront ceci:
cette méthode d’entraînement insensée vous fera sortir
d’un coup de la stagnation et mettra un terme rapide au plafonnement. Elle
pourrait bien être l’un des meilleurs moyens de faire démarrer
l’hypertrophie, même chez l’ectomorphe le plus rebelle.
Il n’y a pas d’études fournies qui attestent l’efficacité des
séries de 100 reps. Pourtant, cette façon de faire peu orthodoxe
a véritablement emballé les quelques bodybuilders enthousiastes
qui l’ont appliquée et qui ont constaté qu’elle donnait
des résultats positifs. Parmi eux, citons Rory Leidelmeyer, M. Californie
1980, Tom Touchstone second en mi-lourds au concours USA 1986 et Diana Dennis,
vainqueur des championnats du monde pro en 1989.
LE POURQUOI DU COMMENT
Certains bodybuilders actuels de haut niveau, comme Chris Cook (vainqueur super
lourd des championnats nationaux NPC 2004), ont également goûté à l’entraînement
en séries hyper longues. “Chaque fois que je sens qu’un groupe
musculaire est à la traîne, je fais une série de 100 reps
et rien d’autre pour ma séance de ce jour-là,” précise-t-il. “Je
démarre avec une charge qui m’autorise 25 à 30 reps, puis
je l’allège à mesure que la série progresse. Il n’y
a pas de meilleure congestion au monde: les muscles sont saturés à bloc
et ça fait mal!”
Sachez aussi que bon nombre de pratiquants nous ont confié, au fil des
années, que le recours régulier aux séries de cent reps
décuple l’hypertrophie et accentue la séparation musculaire
ainsi que la définition. Ils ajoutent que le corps réagit exceptionnellement
bien et qu’il devient plus musclé et plus fort lorsque l’on
revient à un programme de séries normales avec des charges plus
lourdes.
David Sandler, maître assistant de physiologie de l’entraînement à la
Florida Atlantic University, reconnaît qu’effectivement l’utilisation
de cette méthode dans le cadre d’un cycle d’entraînement
pourrait certainement déclencher l’hypertrophie musculaire (prise
de masse). “L’objectif des séries très longues, qu’il
s’agisse de séries dégressives ou des séries de 100
reps est de stimuler toutes les fibres musculai-res à contraction lente
comme à contraction rapide,” explique-t-il. “Grâce aux
données fournies par l’EMG, nous savons qu’à mesure
que les unités motrices d’un muscle se fatiguent, d’autres
unités motrices sont recrutées.” Ainsi, dans le cas d’une
série extrêmement longue, on intensifie la stimulation des unités
motrices, ce qui donne un coup de fouet au développement musculaire.
“Chaque fois que l’on modifie un programme de façon radicale – comme
c’est le cas ici – on en recueille les bénéfices” poursuit
Sandler. “Quand on administre un traitement de choc à l’organisme,
on le force à s’adapter.”
UN DÉLIRE ORGANISÉ
Si vous avez décidé de vous lancer dans cette entreprise difficile,
mais qui a sa récompense (outre les contraintes typiques de la musculation),
voici comment procéder. Tout d’abord, vous devez savoir si vous
souhaitez juste essayer une seule fois en guise de traitement de choc ou si vous
voulez vous consacrer à ce programme de façon intensive pendant
deux semaines. Dans le premier cas, reportez vous au module “Les séries
de 100 pour les novices.” Dans le deuxième cas, Jim Stoppani, rédacteur
scientifique, a mis au point le “Programme pour centurions.”
Pour cette version, basée sur le protocole initialement étiqueté “Séries
de combat à 100 reps” dans les années 90, vous réaliserez
100 reps par série, mais il faut que l’échec musculaire survienne
avant que ce chiffre ne soit atteint. “L’objectif est faire au moins
70 reps avant de s’arrêter pour souffler un instant,” explique
Stoppani. “Si l’on parvient à faire 100 reps d’affilée
avec une charge donnée, c’est qu’elle est trop légère:
il faudra donc l’augmenter à la séance suivante.”
Une fois que vous aurez atteint l’épuisement musculaire, prenez
autant de secondes de repos que le nombre de reps qui vous restent (cette règle
empirique valable a été établie, il y a des années,
par Leidelmeyer, athlète mentionné plus haut). Exemple: vous avez
terminé 65 reps, donc vous vous reposez pendant 35 secondes avant d’essayer
de réaliser les reps restantes. Si vous échouez de nouveau au cours
de la série, suivez le même protocole de repos (une seconde pour
chaque rep restante) jusqu’à ce que vous arriviez à la 100e
rep.
Pour les séries de 100 reps, quand vous en serez au stade où vous êtes
capable de faire plus de 70 reps avec une charge donnée sans que l’échec
musculaire ne survienne, augmentez la résistance la fois suivante. Le
mieux est de procéder par petites fractions: 1 kg de plus pour les petits
groupes musculaires comme les biceps et les triceps, 2 kg de plus pour les exercices
de pectoraux, d’épaules et de dos, et 4-5 kg de plus pour les exercices
destinés aux membres inférieurs.
Pour conclure, il est peut-être bon de répondre à l’inquiétude
qui vous tourmente peut-être un peu, à savoir: n’est-ce pas
de la folie douce de faire des séries de 100 reps? Ce à quoi nous
répondons par la question suivante: à quand remonte la dernière
fois où votre entraînement traditionnel vous a-t-il donné des
résultats appréciables? Le scientifique Albert Einstein a défini
la folie en déclarant qu’elle consiste à “refaire indéfiniment
les mêmes choses et escompter des résultats différents.” En
gardant cette définition à l’esprit, les séries de
100 reps ne valent-elles pas la peine d’être tentées, ne serait-ce
qu’une seule fois?”
TÂTEZ LES 100
NOUS RÉPONDONS À VOS QUESTIONS. VOICI UN Q&R RAPIDE SUR LES
SÉRIES DE CENT
1) POURQUOI UNE PERSONNE SAINE D’ESPRIT ENVISAGERAIT-ELLE D’ALIGNER
CENT REPS D’UN COUP?
On estimera peut-être que vous êtes fou de vouloir essayer cette
méthode et pourtant, les séries de cent sont une solution valable
pour surmonter la stagnation. En sortant à ce point de la routine habituelle
des programmes classiques de musculation, on fournit au corps un stimulus qu’il
n’a jamais connu auparavant, ce qui va inciter les muscles à s’adapter
et à prendre du volume. Des rapports anecdotiques tout à fait fiables
confirment que ce mode d’entraînement est incontestablement performant.
2) QU’EST-CE QUI CONVIENT LE MIEUX, LES MACHINES OU LES CHARGES
LIBRES?
La réponse dépend de votre niveau en musculation. Les machines
sont parfaites pour ceux qui n’ont jamais pratiqué ce type d’entraînement:
elles offrent plus de sécurité si la technique d’exécution
se détériore au fil de la série. Cela dit quand vous sentirez
que vous êtes prêt, passez aux charges libres: elles constitueront
un formidable challenge. En effet, vous devrez non seulement chercher à aligner
les reps, mais aussi vous concentrer sur la stabilité de corps, ce qui
fera intervenir davantage de muscles.
3) COMMENT DÉTERMINER LA RÉSISTANCE ADÉQUATE POUR
CHAQUE
EXERCICE?
Il suffit de faire un petit calcul rapide: pour une série de 100 reps
où vous voulez atteindre l’échec musculaire autour de la
70e rep, utilisez une charge qui corresponde à environ 20%-30% de celle
qui vous permettrait d’effectuer 10 reps strictes de cet exercice. Par
exemple, si vous pouvez réaliser 10 reps à la presse à cuisses
avec 180 kg, vous ferez votre série de 100 reps avec 36 kg-54 kg. Si cette
charge s’avère trop facile, augmentez-la la fois suivante. Pour
les jambes, procédez par fractions de + 4,5 kg.
4) A-T-ON BESOIN D’UN PARTENAIRE?
Tout dépend du programme que vous suivez et des exercices que vous pratiquez.
Si vous vous entraînez sur des machines, faire appel à un partenaire
n’est pas du tout nécessaire, mais cela sera judicieux si vous utilisez
des charges libres. Quoiqu’il en soit, un partenaire peut apporter une
aide précieuse pour compter les reps à votre place: ainsi, vous
ne serez pas distrait par l’obligation de compter vous-même et vous
pourrez vous concentrer sur le mouvement et l’exécution bien rythmée
de chaque rep. Vous surmonterez mieux la douleur (et douleur, il y aura!) et
vous mènerez bravement votre série jusqu’à son terme.
5) QUELLE DOIT ÊTRE LA VITESSE D’EXÉCUTION DES REPS?
Comptez à peu près une seconde pour monter la charge et une seconde
pour la redescendre. La cadence doit rester relativement rapide et bien rythmée,
mais le mouvement doit être effectué sans rebonds, ce qui arrive
souvent quand on utilise des charges relativement légères. Si l’on
part sur la base de deux secondes pour chaque rep, une série moyenne devrait
prendre environ quatre minutes. Ne vous déconcentrez pas et restez focalisé sur
le tempo méthodique de chaque série. Le succès dépend
entièrement de la concentration apportée pendant l’effort.
6) QUELLE FRÉQUENCE OBSERVER POUR CE TYPE D’ENTRAÎNEMENT?
Il n’est pas souhaitable d’aller au-delà de deux semaines.
Par ailleurs, attendez au moins six semaines avant d’essayer de nouveau.
Ce programme sera utilisé occasionnellement, dans le but de secouer l’organisme.
M&F
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