|
8 GROS MENSONGES
Untitled Document
8 GROS MENSONGES
PAR JULIE UPTON
M&F dévoile l'étonnante vérité sur ce macronutriment
dénigré et pourtant nécessaire au développement musculaire
É
tant donné que vous êtes culturiste et donc soucieux de votre apparence
physique, vous avez un avis partagé en ce qui concerne les graisses. Voilà maintenant
qu’aux dernières nouvelles, ce nutriment a été déclaré bon
pour la santé alors que, depuis des décennies, on n’a cessé de
le fustiger en tant qu’ennemi de la “bonne” nutrition. Aujourd’hui
pourtant, les scientifiques savent que les régimes carencés en
lipides sains ont tendance à être très riches en sucres,
ce qui peut favoriser un excès de tissu adipeux et augmenter le risque
de maladies. Toutefois, s’il est vrai que les graisses permettent éventuellement
de rester mince et résistant aux maladies, on a du mal à croire
qu’elles peuvent aussi contribuer à une sangle abdominale en béton:
la relation mi-haine, mi-amour avec ce nutriment ne fait donc que continuer!
Ici, M&F balaie un certain nombre d’idées fausses très
répandues sur les lipides alimentaires.
1. MENSONGE: TOUTES LES GRAISSES SONT LES MÊMES
LES FAITS: certaines graisses sont bonnes et d’autres sont mauvaises. Les
graisses mono- et polyinsaturées peuvent contribuer à la prévention
des maladies et renforcer la performance athlétique; en revanche, la consommation
des graisses saturées et des acides gras trans se solde par une plus grande
obstruction des artères et par l’épaississement de la graisse
abdominale. Quand on remplace ces “mauvaises” graisses par des graisses
mono- et polyinsaturées, on constate un abaissement du cholestérol
sanguin et des triglycérides d’une part et, d’autre part,
une élévation du “bon” cholestérol HDL, d’où une
diminution du risque de cardiopathies. On note également une amélioration
de la sensibilité à l’insuline et de la pression artérielle,
ce qui minore le risque de diabète et d’hypertension.
Un excès de graisses saturées et trans dans l’alimentation
favorise les maladies de cœur, le diabète, certains cancers et l’obésité.
Elles élèvent également le taux de “mauvais” cholestérol
LDL, de CRP (protéines C-réactives qui signalent la présence
d’inflammations capables de provoquer des attaques cardiaques ou cérébrales)
et de triglycérides. En outre, les acides gras trans abaissent le taux
de cholestérol HDL, accentuant ainsi le risque de cardiopathies et entraînant
une dégradation des muscles. Pour déterminer la proportion de chaque
type de graisse à consommer, reportez-vous à “Le bout de
gras,” ci-dessous. Les valeurs indiquées ont été établies
sur la base d’un régime à 3 000 calories par jour.
2. MENSONGE: LES GRAISSES NE SONT RIEN D’AUTRE QUE DES CALORIES
LES FAITS: les lipides sont des macronutriments essentiels au même titre
que les glucides et les protéines, ce qui veut dire qu’il faut les
consommer en plus grande quantité que des micronutriments comme les vitamines
E et C ou le fer. Les lipides alimentaires sont la seule source de deux acides
gras essentiels - l’acide linoléique et l’acide alpha-linoléique – qui,
conjointement, participent à la maintenance du système immunitaire
et à la production hormonale. Les acides gras essentiels peuvent également
aider à prendre du muscle et à mincir. Autrement dit, en mangeant
les bons types de graisses, on produit davantage de testostérone, l’hormone
de l’hypertrophie musculaire. D’autre part, les lipides favorisent
la digestion de nutriments liposolubles comme les vitamines A, D, E et K et de
centaines de caroténoïdes bénéfiques tels que la lutéine,
la zéaxanthine et le lycopène, présents dans les fruits
et les légumes. En fait, des études récentes montrent que
la consommation de salades avec un assaisonnement à 0% MG pourrait empêcher
le corps d’absorber des phytonutriments qui lui seraient bénéfiques.
3. MENSONGE: LES LIPIDES FONT GROSSIR
LES FAITS: ce qui fait grossir, c’est tout bonnement un apport excessif
de calories! Cela dit, étant donné qu’un gramme de graisses
contient deux fois plus de calories qu’un gramme de sucres ou de protéines,
il est plus facile de consommer trop de calories à partir des graisses
plutôt qu’à partir des protéines ou des sucres. Analysant
les tendances alimentaires, un rapport établi par les Centres de prévention
et de contrôle des maladies aux U.S.A montre qu’alors que les calories
consommées par les Américains avaient chuté de 37% dans
les années 60 à 33% en 1994, le taux d’obésité avait
fait un bond énorme, passant de 14,5% à 31% de la population atteinte
par ce fléau.
Certaines études montrent qu’en ajoutant à l’alimentation
certaines graisses mono- et polyinsaturées très combustibles, on
accentue effectivement la perte de poids. Selon Susan Kleiner, auteur de Power
Food (Rodale, 2004), “une plus grande consommation de protéines
et de graisses contribue au maintien d’un métabolisme actif, et
les acides gras oméga 3 peuvent certainement aider l’organisme à brûler
de la graisse viscérale.”
4. MENSONGE: LES ORGANISMES DE SANTÉ PUBLIQUE PRÉCONISENT UNE ALIMENTATION
ALLÉGÉE EN LIPIDES
LES FAITS: dans le passé, ces organismes avaient désigné les
graisses comme étant l’ennemi public n° 1; or, cette mise à l’index
a cessé. Pourquoi? Parce que des recherches suggèrent que les régimes
riches en graisses, tels que le régime méditerranéen traditionnel,
sont meilleurs pour la santé que les régimes hypolipidiques. En
conséquence, le Ministère de la Santé recommande que les
calories provenant des graisses ne dépassent pas 35% du total calorique
quotidien. Cela ne veut pas dire que l’on a désormais le feu vert
pour se jeter sur le beurre et la charcuterie! En effet, il convient, avant tout,
de privilégier les bonnes graisses, comme les lipides mono- et polyinsaturés.
5. MENSONGE: LES GRAISSES NE COMPTENT PAS POUR FAIRE DU MUSCLE
LES FAITS: des études récentes indiquent que les lipides mono-
et polyinsaturés sont plus facilement brûlés à des
fins énergétiques que les lipides saturés et les acides
gras trans. Les recherches suggèrent que les régimes contenant
les “bonnes” graisses peuvent contribuer à épargner
le glycogène musculaire et qu’ils pourraient retarder la survenue
de l’épuisement musculaire. Les graisses mono- et polyinsaturées
aident aussi à limiter l’inflammation des muscles, d’où un
effet positif possible sur la récupération musculaire post-effort,
explique Kleiner. “Les oméga 3, graisses principales du cerveau
et du système nerveux, sont responsables de la transmission des signaux
nerveux et de la communication entre les cellules du cerveau. Sans ces acides
gras, on peut manquer de vivacité mentale ou de concentration et ne pas
avoir envie de s’entraîner,” ajoute-elle.
6. MENSONGE: JE NE PEUX PAS CONNAÎTRE LA PROPORTION D’ACIDES
GRAS
TRANS DANS LES ALIMENTS
LES FAITS: environ 80% des acides gras trans présents dans notre alimentation
sont issus des produits traités, essentiellement les produits pour collations
et les desserts. Heureusement, les fabricants ont modifié leurs techniques
de traitement afin que la quantité de ces acides gras soit aussi faible
que possible. Cherchez la mention “graisses hydrogénées” sur
l’étiquette. Pour savoir si un aliment renferme des acides gras
trans, faites le calcul vous-même: additionnez les grammes de graisses
mono- et polyinsaturées répertoriées sur l’emballage
du produit. Si le chiffre obtenu est inférieur à ce total, cela
indique que le reste est constitué par les acides gras trans.
7. MENSONGE: LES GRAISSES ET LES HUILES SONT LES SOUCRES PRINCIPALES DE LIPIDES
ALIMENTAIRES
LES FAITS: des matières grasses telles que le beurre et la margarine ne
sont pas les sources principales de lipides dans l’alimentation de la plupart
des gens. Sur les 76 g (en moyenne) de corps gras que nous consommons chaque
jour, 30% proviennent de la viande, des poissons et de la volaille; 28% sont
issus des céréales et des aliments à base de céréales
et 13% des laitages. Chose étonnante, chez l’individu moyen, les
graisses et les huiles ne représentent que 10% de l’apport lipidique
journalier.
8. MENSONGE: TOUS LES LIPIDES SATURÉS SONT MAUVAIS
LES FAITS: nous avons tous besoin de consommer une certaine quantité de
graisses saturées afin d’assurer la production des hormones – et
de la testostérone en particulier. Les études montrent que les
individus qui consomment davantage de graisses saturées (jusqu’à un
certain point) ont tendance à afficher un taux de testostérone élevée.
Un type de graisses saturées – les triglycérides à chaîne
moyenne – sont particulièrement bons pour l’organisme. Ces
TCM sont présents dans l’huile de coco, l’huile de palmiste
et le beurre. Certains fabricants de suppléments vendent de l’huile
de TCM ou en ajoutent à leurs
protéines en poudre.
Les TCM sont des triglycérides saturés dont les acides gras sont
plus courts que les triglycérides à chaîne longue: cette
propriété est susceptible de favoriser la prise de muscle et la
diminution du tissu adipeux. Ainsi, les TCM ne comptent que 8 calories par gramme
contre environ 9 Kcal/g pour la plupart des lipides alimentaires. Toutefois,
l’atout principal des TCM est leur mode de métabolisation: contrairement
aux lipides ordinaires qui sont mis en réserve dans le corps, les TCM
sont utilisés préférentiellement à des fins énergétiques.
Une fois décomposés pour servir de carburant, ils forment des substances
appelées corps cétoniques qui empêchent la dégradation
des muscles et peuvent, en fait, accentuer l’hypertrophie.
On a également constaté que les TCM accélèrent le
métabolisme et favorisent l’oxygénation des graisses de réserve
dans le cadre de la production d’énergie. Certaines études
suggèrent même que la supplémentation en TCM potentialise
l’utilisation des protéines par l’organisme, ce qui peut se
traduire par un meilleur développement musculaire. Mieux encore, des travaux
très récents ont fait apparaître que les TCM peuvent renforcer
le système immunitaire. Pensez à ajouter 1 à 2 cuillerées à soupe
d’huile de TCM à vos repas, 1 à 4 fois par jour – commencez
par une dose plus faible pour éviter une gêne gastrique. Si vous êtes
diabétique ou si vous souffrez de problèmes gastro-intestinaux,
consultez votre docteur avant de vous supplémenter en TCM. M&F
Julie Upton, RD, est journaliste et triathlète. Elle habite New York,
USA.
|
 |
|
|